« La difficulté en France, c’est que l’ascenseur social a bien fonctionné pour les classes moyennes pendant les 30 glorieuses, mais qu’aujourd’hui, les enfants des classes populaires accèdent moins aux études supérieures. Dans les milieux populaires, les jeunes n’ont pas de visibilité sur les métiers de l’entreprise. Même les enfants de cadres supérieurs ont du mal à se représenter concrètement le métier de leur père, alors un jeune de banlieue qui ne connaît que sa cité, comment peut-il s’imaginer les métiers qu’il pourrait exercer plus tard?
Moi-même, je suis issu d’un milieu défavorisé. Et pour faire l’Ecole Normale, on m’a tiré. Le problème, c’est que le système ne va plus chercher les enfants issus des zones urbaines sensibles. Personne ne va les chercher pour les aider à croire en leurs chances de réussir. Ce à quoi s’ajoutent les problèmes d’autocensure et de racisme. Ce que je trouve très intéressant dans le projet Télémaque, c’est que le tuteur est un véritable passeur social. »
Roger Peltier, ancien principal du collège Alfred Sisley à Moret sur Loing (77)
« Depuis 10 ans, je suis chef d’établissement en ZEP (ou Réseau Réussite Scolaire). Comme la plupart d’entre nous, j’ai utilisé les moyens supplémentaires à l’aide aux élèves en difficulté ainsi qu’à la mise en place de la paix scolaire. Pourtant, j’ai toujours pensé que le temps nous manquait pour aider les bons élèves issus de familles socialement défavorisées.
C’est pourquoi, lorsque j’ai « rencontré » l’Institut Télémaque il y a trois ans, j’ai tout de suite adhéré au projet. Cette idée d’aider nos très bons élèves à comprendre la société qui les entoure, à acquérir les codes sociaux, à sortir de leur quartier pour découvrir un autre monde, nous a tous séduit. Nous avons le sentiment de leur donner une nouvelle chance et aussi de les responsabiliser face aux choix qu’ils devront faire.
Chaque début d’année scolaire les équipes me proposent de nouveaux candidats. Les enseignants volontaires pour devenir référent pédagogique ne manquent pas car aider ces jeunes est très gratifiant. De plus, les contacts établis avec les entreprises sont enrichissants et permettent d’engager des projets communs, source d’ouverture pour tous nos élèves.
L’Institut Télémaque contribue, à mon sens, à développer une réelle mixité sociale à l’école et dans les entreprises, mixité source de richesse et de progrès. »
Annick Teyssedre, Principale du collège Victor Grignard (Lyon)
« L’Institut Télémaque considère que la formation en alternance est également une voie de réussite personnelle et professionnelle pour les jeunes.
L’objectif du partenariat tissé entre l’Institut Télémaque et le CFA Stephenson (Centre de Formation en Alternance) est d’accompagner plusieurs jeunes apprentis et pré apprentis vers le bac professionnel. Avec plusieurs mois de recul, on constate que ce partenariat est une réussite totale pour les jeunes !
On distingue indéniablement trois apports :
- Un apport moral : les jeunes se sentent considérés, ils reçoivent la reconnaissance d’un tuteur d’entreprise et de leur centre de formation via les équipes pédagogiques.
- Un apport professionnel : les échanges avec leurs parrains leur permettent d’élargir leur connaissance du métier et de l’entreprise.
- Un apport économique : ce programme favorise l’accès à des activités éducatives, culturelles dont nos jeunes étaient privés jusqu’à présent. »
Sébastien Malige, Formateur au CFA Stephenson (Paris)






